1/11/11 Annonce du Referendum Grec.

La sortie de la Grèce de l’Euro se profile a très court terme, la décision de Georges Papandréou de soumettre à referendum les accords obtenus a l’arraché sous le double patronage de Mme Merkel et de Mr Sarkozy est en train de voler en éclat.

Le socialiste Georges Papandréou qui n’a de socialiste que sa filiation avec son ancien premier ministre de père, largement responsable parmi d’autres de la situation dramatique de ce pays a eu au moins le seul acte courageux de sa mandature, celui de venir poser directement la question au peuple grec. Peu lui a importé l’avis de ses partenaires et bailleurs de fonds.

En soi les Grecs ont tout intérêt a accepter l’accord de renflouement international conclu le 27 octobre, mais il n’y a que le Président de l’U.E. l’inexistant Mr Van Rompuy et celui de la Commission Européenne, l’incapable José Manuel Barroso  pour croire que la Grèce, (en l’occurrence les Grecs) “honorera les engagements pris en relation avec la zone euro et la communauté internationale”.

Une fois de plus les technocrates bruxellois prennent leur désir pour des réalités, l’Europe véhicule un tel rejet dans les populations qu’il n’est pas étonnant que lorsque le peuple est directement interrogé, sa réponse va largement au delà du NON .                                         Qu’on se remémore les referendums sur la constitution européenne rejetés par les peuples français, hollandais et tripatouillés par un deuxième vote pour les Irlandais a la seule fin de relancer la construction européenne échafaudée a Lisbonne.  Ces rejets auraient dû stopper net les processus d’intégration européenne tels qu’ils étaient initiés, les responsables incultes de Bruxelles ont continué leur oeuvre de sabotage avec la complicité des dirigeants européens jouant la montre  pour conserver le pouvoir.

En décidant de ce referendum la classe politique grecque  qui fût aux affaires, PASOK socialiste (avec la dynastie Papandréou) et NEA DEMOCRATIA (avec les dynasties Caramanlis et Mitsotakis) va comme un seul homme critiquer l’actuel Premier Ministre , consciente de voir dans cet acte pour le moins osé, et a vrai dire courageux car il équivaut a un suicide politique, la remise en cause voire la dénonciation de certains avantages, abus, mais aussi de ses agissements pour ne pas dire malversations.                                   La tenue de futures elections législatives si le NON à l’accord venait a l’emporter bénéficiera en toute logique aux partis non compromis  ou pas trop dans la gestion du pays , le KKE communiste et le LAOS nationaliste.. Ces derniers se réjouissent déjà de cette situation qui n’est pas sans en rappeller une historiquement plus ancienne dans un autre pays européen. On sait où cela a mené.

Le  gouvernement grec en 2001  à l’époque socialiste, et avec la complicité de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs a très certainement falsifié ses comptes lors de son entrée dans la zone euro en masquant 1 milliard d’ equivalent -euros en jouant sur les taux de change des monnaies. Ce que dénonçait le journal la Tribune du 20 février 2010  : “La banque a permis au pays de lever de la dette en devises, ensuite convertie en euros à un taux de change avantageux, lui permettant d’obtenir plus de fonds qu’elle n’en inscrivait dans ses comptes. Selon le « New York Times », les équipes de Goldman Sachs auraient de nouveau offert leurs services à la Grèce en novembre 2009, cette fois pour différer dans un avenir très lointain le coût du système de santé du pays … »                             Pour faire bonne mesure, les jeux olympiques de 2004, tenus sous mandature libérale ont largement contribué a aggraver le gouffre de la dette et ce sans le moindre contrôle.

Le citoyen Lambda comprend qu’on lui a donné de l’argent sans qu’on ne l’ait averti qu’il devait être en mesure de le rembourser et parallèlement il a assisté a l’éclosion de fortunes rapides acquises a coup de compromissions, passe-droits, favoritisme et multiples scandales étalés dans la presse, a la télévision, sur les lieux de villégiatures pour autant que ces individus ponctionnent le pays sans retour d’investissement.                   Les noms qui pourraient être jetés en pâture sont innombrables et non des moindres.

Le peuple grec en a plus qu’assez de ces carabistouilles qu’il ne maîtrise ni ne comprend. Il réalise tout bonnement qu’au quotidien l’euro a été désastreux multipliant les prix par 6 à 10 alors que son pouvoir d’achat stagnait voire régressait.

En outre, l’ouverture des frontières selon les accords de Schengen a placé ce petit pays en première ligne sans le moindre accompagnement pour faire face a un afflux massif d’immigrants clandestins arrivant depuis les frontières terrestres,  les côtes turques et des pays du Nord de l’Afrique, soit un bon tiers de la Méditerranée a contrôler.

Athènes en moins de 10 ans a vu affluer une population non grecque comparable au nombre massif de réfugiés grecs d’Asie mineure fuyant la Turquie en 1922-1923, a la seule différence qu’il n’y a pas la moindre assimilation possible transformant cette ville qui n’en avait pas besoin en cours des miracles. *

En annonçant le 1/11/11 son intention irréversible de poser la question au peuple grec, Georges Papandréou fait coup double avec un fusil a un coup : considéré comme un américain par les grecs, il parle mieux l’anglais que le grec, il donne ainsi  aux USA une nouvelle opportunité de saboter le mécano européen, à la veille d’un G20 qui aurait dû être la consécration des accords de Bruxelles. Ce faisant, le Premier Ministre Papandréou a parfaitement compris que  si la Grèce veut conserver son indépendance et sa spécificité elle a davantage intérêt a rester dans le giron américain compte tenu de son passé, des liens que la diaspora grecque a noué avec le monde anglo-saxon et de l’ éloignement de cet allié, et surtout il va essayer de s’en sortir politiquement , quel qu’en soit le résultat,  tout socialiste qu’il se proclame en prônant « la Grèce d’abord » et  en prenant la seule décision susceptible de trancher le nœud gordien.

* Je recommande la lecture de l’excellent livre de Giles Milton – Le Paradis Perdu                                                  1922, la destruction de Smyrne la tolérante.                                     Traduit de l’anglais par Florence Hertz Noir sur Blanc, 15 avril 2010 432 p ISBN 9782882502308