Duflot à la rue !

Du député Gilbert Collard :

 

« Du bas de ses trois pommes de deux pour cent aux élections Cécile Duflot se prend pour le Petit Père Combes. Elle cherche à jeter, par un effet d’annonce, le discrédit sur l’Eglise de France. Au passage elle insulte la mémoire de l’abbé Pierre et de soeur Emmanuelle qui, dans l’Eglise, ont fait pour les pauvres plus qu’elle ne fera jamais avec son culot médiatique d’écolo bobo bien au chaud.

Comme si l’église avait attendu la menace de réquisition pour organiser l’accueil des sans abris. Madame Peppone est comique dans sa tentative indigne de salir les bonnes volontés discrètes qui dans le cadre « d’hiver solidaire », du « Corref », de « l’association des cités du secours catholique » oeuvrent pour héberger les sans-abris. Les catholiques en ont ras-le-bol de ces vieilleries du bigotisme d’extrême gauche qui accepte que la CGT possède des châteaux inoccupés sans dire un mot et s’acharne exclusivement sur l’Eglise dont le fondateur fut le premier sans logis de l’Histoire. Ce ministre de la discorde religieuse devrait être délogé de son ministère et aller coucher sous les ponts de la partisanerie imbécile.

Il serait temps que les catholiques de France se réveillent, notamment dans leur hiérarchie peureuse, pour que cessent les attaques idéologiques. Ce coup bas est l’une des armes utilisées par la propagande verte dans le débat tronqué sur le mariage gay auquel l’Eglise s’oppose lucidement. Cela s’appelle l’argument ad hominem. On cherche par tous les moyens à discréditer l’adversaire pour réduire la portée morale de son message. Madame Peppone a raté son coup. Si Hollande était un vrai président, il devrait lui sonner les cloches et l’envoyer crécher ailleurs par respect pour tous les catholiques insultés. Si Paris ne vaut plus une messe, la concorde vaut bien un ministre. A la rue, Duflot ! »

 

Une bombe a retardement au coeur de l’Europe.

Article publié en anglais par The Economist, le 17 novembre 2012.                                       (Traduction de Tirésias).

 

 

La France et l’euro

Une  bombe à retardement au cœur de l’Europe.

Pourquoi la France risque de devenir  le plus grand danger pour la monnaie unique européenne.

La menace de l’effondrement de l’euro a diminué pour le moment, mais le réajustement de  la monnaie unique implique des années de douleur. La  contrainte des réformes et les coupes budgétaires sont drastiques en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Italie,  tous ont connu cette semaine des grèves massives  et des affrontements avec la police . Mais un problème plus grave  se profile qui pourrait éclipser les précédents : la France.

Ce pays a toujours été au cœur de l’euro, comme de l’Union européenne. Le président François Mitterrand avait plaidé pour la monnaie unique parce qu’il espérait renforcer l’influence française dans l’UE qui sinon serait tombée sous l’emprise d’une Allemagne unifiée. La France a  bénéficié de l’euro : elle emprunte a des taux bas record et a évité les ennuis des pays de la Méditerranée. Pourtant, même avant mai, date a laquelle François Hollande est devenu le premier président socialiste élu depuis Mitterrand, la France avait cédé son leadership dans la crise de l’euro a l’ Allemagne. Et maintenant, son économie semble de plus en plus vulnérable.

Comme il apparaît dans le rapport spécial de cette publication , la France dispose encore de nombreux atouts, mais ses faiblesses ont été mises à nu par la crise de l’euro. Pendant des années, elle a perdu sa  compétitivité face a  l’Allemagne et la tendance s’est accélérée lorsque les Allemands ont réduit leurs coûts et engagés de grandes réformes. Sans la possibilité de dévaluer sa monnaie, la France a eu recours a des dépenses publiques et a de la dette. Même si d’autres pays de l’UE ont freiné la part de l’État, celle ci a grandi en France  au point de consommer près de 57% du PIB, proportion la plus élevée de la zone euro. En raison de l’échec d’équilibrer un simple budget depuis 1981, la dette publique est passée depuis de  22% du PIB  à plus de 90% aujourd’hui.

Le climat des affaires en France s’est également détérioré. Les entreprises françaises sont accablées par une réglementation du travail rigide,  par une  sévère régulation du marché,  des impôts exceptionnellement élevés et les des charges sociales sur les salaires les plus lourdes de la zone euro.  Sans surprise, les entreprises nouvelles sont rares. La France a moins de petites entreprises et de moyennes entreprises, moteurs actuels de croissance et d’emploi, que l’Allemagne, l’Italie ou la Grande-Bretagne. L’économie est stagnante,  elle peut basculer dans la récession au cours du trimestre et à peine croître l’an prochain. Plus de 10% de la population active, et plus de 25% des jeunes sont sans emploi. Le déficit du compte courant extérieur est passé d’un léger excédent en 1999  a l’un des plus importants déficits de la zone euro. En bref, un trop grand nombre d’entreprises françaises ne sont pas compétitives  et le gouvernement pléthorique du pays vit au-dessus de ses moyens.

 

Hollande aux abois

Avec pas mal d’audace et de la détermination, M. Hollande pourrait maintenant réformer la France. Son parti détient le pouvoir à l’Assemblée nationale  et dans presque toutes les régions. La gauche doit être mieux à même que la droite de persuader les syndicats à accepter le changement. M. Hollande a reconnu que la France manque de compétitivité. Et, fait encourageant, il a récemment promis de mettre en œuvre bon nombre des changements recommandés dans un nouveau rapport publié par l’homme d’affaires  Louis Gallois,  y compris la réduction du fardeau des charges sociales sur les entreprises. Le président veut rendre le marché du travail plus flexible. Cette semaine, il a même parlé de la taille excessive de l’Etat, promettant de « faire mieux, en dépensant moins ».

Pourtant, mis en regard de la gravité des problèmes économiques de la France, M. Hollande semble encore hésitant. Pourquoi les entreprises devraient le croire quand il met en avant  une série de mesures gauchisantes, y compris une taxe au taux de 75% supérieure au revenu du taux d’imposition,  une augmentation des taxes sur les entreprises,  sur la fortune, sur les plus-values et les dividendes, un salaire minimum plus élevé et une remise en cause partielle de l’âge de départ a la retraite préalablement accepté ? Pas étonnant que tant de futurs entrepreneurs parlent de quitter le pays.

Les gouvernements européens qui ont entrepris de grandes réformes l’ont fait parce qu’ils avaient un sens profond de la crise, parce que les électeurs croyaient qu’il n’y avait pas d’autre alternative et parce que les dirigeants politiques ont eu la conviction que le changement était inévitable. Rien de tout cela correspond a un portrait de  M. Hollande ou de  la France. Pendant la campagne électorale, M. Hollande  a très peu mentionné la nécessité d’une réforme favorable aux entreprises, concentrant  son discours plutôt sur la fin de l’austérité. Son Parti , le parti socialiste reste archaïque  et hostile au capitalisme: et a partir du moment ou il a commencé à mettre en garde quant à la compétitivité de la France, sa cote de popularité a plongé. Pire, la France s’évertue a viser une cible en mouvement. Tous les pays de la zone euro font des réformes structurelles, et surtout plus rapidement  et plus intensément  que  la France. Le FMI a récemment averti que la France risque d’être distancée par l’Italie et l’Espagne.

L’enjeu n’est pas seulement l’avenir de la France, mais celui de l’euro. M. Hollande a correctement harcelé Angela Merkel pour éviter de rendre l’austérité trop insupportable. Mais il s’est dissimulé derrière sa serviette quand il s’est agi de l’intégration politique nécessaire pour résoudre la crise de l’ euro. Il doit y avoir davantage de contrôle au niveau européen sur les politiques économiques nationales. La France a ratifié a contrecœur le récent pacte budgétaire qui donne a Bruxelles des  pouvoirs budgétaires accrus. Mais ni les élites  ni les électeurs ne sont prêts à accepter davantage de transferts de souveraineté, tout comme ils ne sont pas préparés pour de profondes réformes structurelles. Alors que la plupart des pays s’interrogent sur la part de souveraineté a laquelle ils devront renoncer, la France est résolument dans le déni de tout débat sur l’avenir de l’Europe.  M. Hollande s’est grièvement carbonisé  lorsque en 2005 les électeurs ont rejeté le traité constitutionnel de l’U.E, sachant que son parti (socialiste) s’était divisé sur la question. Une répétition de cette situation précipiterait la monnaie unique dans le chaos.

 

Trop important pour ne pas réussir?

Notre dernier rapport spécial sur un grand pays européen (en Juin 2011) concernait  l’échec de l’Italie à  se réformer avec Silvio Berlusconi, aux affaires. A la fin de l’année, il  en était  écarté et le changement commençait.  Jusqu’à présent, les investisseurs ont été indulgents pour la France, en effet, les taux d’intérêt à long terme ont un peu baissé. Mais tôt ou tard la monnaie va baisser. On ne peut  défier l’économie trop longtemps.

 

Sauf si  M. Hollande montre qu’il est véritablement engagé à changer le chemin de son pays tel que cela s’est pratiqué ces 30 dernières années, la France perdra la confiance des investisseurs et de l’Allemagne. Comme plusieurs pays de la zone euro l’ont éprouvé, le sentiment n’a pas lieu d’être dans des marchés  qui peuvent évoluer rapidement. La crise pourrait frapper dès l’année prochaine. Les précédents bouleversements monétaires européens ont souvent commencé ailleurs et finiront cette fois par engloutir la France, qui plus encore que l’Italie ou l’Espagne pourrait être le pays  où le sort de l’euro se décide. M. Hollande n’a pas beaucoup de temps pour désamorcer la bombe à retardement au cœur de l’Europe.

Article original en anglais :www.economist.com/news/leaders/21566640-why-france-could-become-biggest-danger-europes-single-currency-time-bomb-heart