La Vision du paradis sur terre n’est rien de plus qu’une descente aux enfers.

Traduction de l’article publié le 5 février 2013 dans le Sydney Morning Herald.

Les Islamistes parlent de restaurer la gloire du Califat, paradis terrestre islamique qui doit s’étendre sur le globe d’Istanbul à l’Indonésie.
Il développera le Bien et interdira le Mal en éliminant tout vice, et ceci sous la conduite d’un guide vertueux, selon le groupe Islamique : l’Eveil.
Bien loin d’être un paradis sur terre, c’est une vision barbare du Califat. Pour peu que quelqu’un soit tenté par cette vision, il faut considérer la réalité.
Illustration: John Shakespeare

La semaine dernière, l’armée française a mis en déroute avec succès les extrémistes islamiques qui avaient pris le contrôle du Nord Mali, nation sub-saharienne, qui pendant 20 ans jusqu’à l’an passé fut une démocratie pauvre mais stable.
Le Mali, avec sa fabuleuse antique cité de Tombouctou, est une ancienne colonie française dont la superficie est égale à deux fois celle de la France. Ainsi, les habitants du Mali qui ont été délivrés, sont désormais libres de raconter leur histoire et de quelle manière les islamistes lourdement armés a bord de leurs land cruisers,ont opéré le nettoyage des cahuttes de terre battue.

Voici donc de quelle façon les serviteurs auto-proclamés d’Allah ont délivré la glorieuse vision d’un califat épuré du vice quand ils en ont eu l’occasion. Les femmes ont été systématiquement réprimées et violemment maltraitées.                                               Salaka Djikke , âgée de 25 ans a été la cible de quatre membres de la police religieuse de Tombouctou pour avoir accepté un soir une promenade à l’arrière de la moto de son          « boyfriend ». Les quatre hommes ont commencé à l’invectiver en arabe, une langue que peu de personnes parlent dans cette ville, alors que l’un d’entre eux la giflait et l’autre lui donnait des coups de fouet. Comme elle l ‘a raconté au journal britannique the Independent « Je ne comprenais pas ce qu’ils me hurlaient et pourquoi ils me frappaient ». Djikke a été ensuite enfermée dans un bureau de la banque malienne de solidarité transformée par les islamistes en une sorte de prison par la police religieuse, entassée avec des dizaines d’autres femmes qui ne pouvaient pas s’allonger sur le sol de béton, juste s’asseoir. Leur crime était de ne pas porter le voile quand elles s’adressaient a des hommes célibataires.                                                                                                            Le châtiment de Djikke répond a la norme : 95 coups de fouet administrés sur la place du marché. Une autre femme de Tombouctou, Fadimata Alainchar, travaillant pour une organisation caritative a déclaré a CNN que les femmes qui refusaient de se couvrir le corps, comme l’ordonnaient les « militants » de la charia étaient emprisonnées ou violées. Naguère le panneau à l’entrée de la ville proclamait « Bienvenue à Tombouctou, la ville des 333 Saints », maintenant il proclame « Bienvenue à Tombouctou, porte de l’application de la charia ».
Des femmes qui portaient des lunettes ont signalé que les islamistes les leur ont confisquées. Des femmes ont été violées systématiquement.                              L’organisation américaine « Human Rights Watch » qui est sur place a témoigné que :  les victimes, les témoins et les membres des familles de victimes ont subi une vague d’enlèvements de femmes et de filles par des groupes armés. Les témoins ont rapporté qu’au moins 17 femmes et filles a compter de douze ans ont été enlevées par les rebelles. Une jeune fille de 14 ans a raconté a Human Watch Rights que six rebelles l’ont retenue captive à Gao et l’ont violée durant quatre jours.                                                                 Un résident de Tombouctou a déclaré qu’il avait vu 3 miliciens arabes arracher une fillette de douze ans à sa mère et la violer en bande dans un bâtiment abandonné.                     Un membre du bureau de la représentation spéciale de l’ONU sur la violence sexuelle durant les conflits a déclaré que « le viol a été toléré par les commandants supérieurs des militants comme une tactique pour soumettre les populations locales ». La chaine Bloomberg relate que « chaque soir un nouveau district est obligé de fournir aux rebelles un contingent de femmes et de jeunes filles. ».
Conformément à la charia, les militants imposent des amputations sommaires et la mort. En juillet dernier, dans une bourgade éloignée, du nom d’Aguelhok, CNN a rapporté que les islamistes ont enterré un homme et une femme dans deux trous, les ont lapidés à mort, au prétexte d’avoir commis l’adultère.
En octobre dernier, un homme accusé de vol a été attaché sur une chaise en place publique, et tandis que les islamistes lui sciaient le poignet avec une scie, il hurlait la grandeur d’Allah son bras massacré, c’est ainsi que l’a rapporté au New York Times, un médecin, le Docteur Ibrahim Maiga.
Un prédicateur islamique local, dont la famille avait habité durant sept siècles à Tombouctou, Mahalmoudou Tandina, a tenté de stopper cette brutalité sommaire, en portant à la cour islamique des piles d’ouvrages sur l’Islam , selon le New York times. Rien n’y a fait, l’Islam étant quoi qu’il en soit ce qu’ils disent et le journal d’ajouter « ils ne respectent pas le saint livre. Ils ne respectent rien d’autre que leurs propres désirs ».
Pourtant les islamistes prétendent à une authenticité transcendantale. Un des commissaires islamistes autoproclamés du Mali, Aliou Touré, affirmait en août dernier :   »Nous n’avons de compte à rendre à quiconque sur l’application de la charia. C’est ainsi que se pratique l’Islam depuis des milliers d’années « .
Ils ont enrôlés des enfants pour en faire des tueurs. Des centaines et vraisemblablement des milliers d’entre eux ont été achetés, puis enrégimentés comme enfants-soldats. Amnesty International a évoqué le cas d’un jeune de 16 ans vendu aux islamistes par un parent de son professeur. Le garçon était bourré de drogues pour le rendre plus docile. « Ils nous ont appris à tirer en visant le cœur ou les pieds. Avant le combat nous avons dû manger du riz mélangé avec une poudre blanche et une sauce avec une poudre rouge « . Nous avons eu également des piqûres. J’en ai eu trois. Après ces piqûres et après avoir mangé le riz mélangé à la poudre, j’étais comme un moteur de voiture, je pouvais tout faire pour mes maîtres. Je voyais nos ennemis comme des chiens et tout ce qu’il y avait dans mon esprit c’était de leur tirer dessus.
Les islamistes ont détruit les anciennes cultures et les anciens sites culturels. Ils ont attaqué les antiques sanctuaires et tombeaux de la règle la plus tolérante de l’islam celle du soufisme. Ils ont brûlé l’institut Ahmed Baba, bâtiment moderne qui abritait des documents inestimables datant du 13ème siècle, détruisant des milliers de documents originaux islamistes. « C’était l’une des plus importantes bibliothèque de manuscrits islamiques dans le monde », a déclaré Marie Rodet, professeur d’histoire africaine à la London school d’études orientales et africaines.
Telle est la vision du paradis sur terre que les islamistes imposent quand ils en ont la possibilité. Les talibans qui ont pris le contrôle d’un Afghanistan affaibli n’étaient pas les seuls.
Partout où un Etat semble vulnérable, le parasite de l’extrémisme islamiste surviendra pour gangréner tout le corps, faire ce qu’il a fait en Afghanistan, ce qu’il a essayé de faire au Sud des Philippines, en Somalie, en Algérie, au Mali.
Loin d’être un paradis terrestre, c’est une barbare vision du califat que la Fédération Internationale des droits de l’Homme a décrite au Mali comme « une descente aux enfers ».
Le danger n’est pas terminé, il est en cours de regroupement.


Peter Hartcher est Rédacteur en chef du Sydney Morning Herald en politique et à l’International.

8 réflexions au sujet de « La Vision du paradis sur terre n’est rien de plus qu’une descente aux enfers. »

  1. Les faits sont avérés, et la presse américaine dénonce les exactions commises par l’armée malienne, qui fait preuve de plus de courage pour la torture et les assassinats, que dans les combats.
    L’avenir montrera que les français sous la houlette de Hollande, sont intervenus pour en finalité, un résultat bien mince.
    Déjà des combats entre ethnies dans l’armée malienne se sont produits cette semaine passée. Si en plus l’on compte les exactions commises contre les ethnies civiles du nord, l’on devine bien que la paix ne durera que le temps de la présence des français.
    Hollande aura réussi à engloutir des centaines de millions dans les sables maliens, qui auraient été plus utiles pour aider les français qui croulent sous les impôts socialistes.

  2. Texte de José Meidinger paru le 13 janvier 2013 dans Boulevard Voltaire :
    http://www.bvoltaire.fr/josemeidinger/si-on-faisait-la-guerre-aux-voyous-de-banlieues,8560,
    Repris le 6 février par l’Observatoire du Mensonge.
    http://observatoiredumensonge.wordpress.com/2013/02/06/la-france-sen-va-t-en-guerre/
    José Meidinger est ancien grand reporter à France 3 Alsace.
    Si on faisait la guerre…aux voyous de banlieue.
    La France s’en va-t-en guerre… au Mali. Le président dramatise, sur fond tricolore. Sûr qu’il lui fallait revêtir un treillis, à notre glorieux chef des Armées, marionnette relookée d’un petit fils du Père de la Nation. Maréchal Hollande, nous voilà ! Tout cela est grotesque : Guignol en comique-troupier n’est plus au Jardin d’Acclimatation ou au parc Montsouris, mais à l’Élysée où, à chaque coup de feu, notre foudre de guerre en remet une couche. Alerte rouge, renforcement du plan vigie pirate, consulats et ambassades sous haute surveillance. Chiche qu’on rappelle les réservistes !

    Dans la France profonde, l’Afrique, on s’en tape les reins : « Ce n’est pas au Mali, au Tchad ou en Côte d’Ivoire qu’il faut envoyer nos troupes, mais dans nos cités où le terrorisme est quotidien » enrage-t-on dans les quartiers où les opérations de guérilla se multiplient en toute impunité. Il y a, bien sûr, Marseille où l’on manie volontiers la kalachnikov, sur fond de trafics de drogue dans les quartiers Nord. Il y a Villeurbanne ou Lyon, le plateau de la Duchère, ses immenses barres HLM et ses voitures qui brûlent, Toulouse et le Mirail, Garges-lès-Gonesse ou encore le Val Fourré dont les excès défigurent Mantes-le-Jolie.

    Mais c’est à Mulhouse que la violence est quasi quotidienne depuis le début de la nouvelle année. La semaine dernière, un tram a été littéralement attaqué dans le quartier des Coteaux. Cagoulés ou masqués, une douzaine d’agresseurs avaient minutieusement préparé leur traquenard en accumulant des barrières de chantier sur les rails, obligeant la rame à s’arrêter. On imagine la suite : le tram a été caillassé et des engins incendiaires lancés sur l’avant du véhicule. « Ils veulent la guerre ? Ils l’auront ! »déclare le lendemain le procureur de la République. Et pour bien montrer qu’il ne se paye pas de mots, il décide sur le champ d’ouvrir une information judiciaire pour « tentative de meurtre » sur le conducteur du tram.

    Bien mal lui en prit : sans doute rappelé à l’ordre par sa hiérarchie, le procureur ne retiendra en définitive que le chef d’accusation de« destruction de biens par incendie au moyen dangereux pour la sécurité des personnes ». L’état de guerre a tourné court…

    Mais les combats n’ont pas cessé : les pompiers sont régulièrement pris à partie. Appelés sur les lieux, leurs véhicules de secours sont attaqués, victimes de véritables guet-apens. Leurs syndicats dénoncent des« tentatives de meurtre ». Le ministère de l’Intérieur a envoyé une compagnie et demie de CRS supplémentaire. Avec le renforcement du plan vigie pirate, ils seront sans doute affectés à la surveillance du consulat d’Algérie ou au contrôle des automobilistes…

    La colère gronde dans les quartiers de Mulhouse : ce ne sont pas des visites de ministre que l’on réclame, mais une véritable déclaration de guerre, comme au Mali, à destination des délinquants, trafiquants et autres caïds de banlieue… Mais avec notre Gamelin de Corrèze c’est, comme en 40, perdu d’avance !

  3. Merci de nous délivrer cet article. Parfois je me demande si les journaux français rapportent le dixième de ce que l’on trouve dans la presse étrangère. En tous les cas a la télé a part nous avoir rabaché quel grand homme nous avions et quel héros est Hollande pour les Maliens, maintenant on attend la suite.
    Comme dit le dicton plus dure est parfois la chute.

    • Comme je vous entends, « la roche tarpéienne est proche du Capitole ».
      Après les honneurs ou la célébrité, la déchéance peut survenir rapidement.
      DSK en sait quelque chose…au suivant.

  4. J’ai lu récemment dans Le Figaro que, probablement grâce aux qualités stratégiques de Normal 1er, l’armée française avait liquidé « des centaines d’islamistes » au Mali. Bien. Alors loin de moi l’idée de m’en indigner. Au contraire, j’estime qu’il s’agit d’un acte de salubrité. Néanmoins, par comparaison, je me pose quand même des questions.
    C’est ainsi, par exemple, que ce tableau de chasse semble avoir été accueilli avec satisfaction, voire un brin de fierté, par les mêmes qui montent au créneau pour dénoncer Israël, le bourreau, quand le moindre « activiste » du Hamas est tué du côté de Gaza, activiste étant le terme utilisé, dans ce cas, pour désigner un islamiste de là-bas. Etrange n’est-il pas ?
    Ceci dit, si ma mémoire est bonne, ce dont je ne doute pas dans ce domaine, l’intervention américaine et d’autres nations en Irak, c’était mal. Très mal car, à l’Elysée et au Quai d’Orsay, on dénonçait les intentions cachées de l’oncle Sam, lesquelles avaient, selon les belles âmes hexagonales, un fort relent de pétrole. Il est vrai que les cousins d’Amérique n’ont pas leur éthique.
    C’est d’ailleurs au nom de cette éthique que le monde entier envie à la plus démocratique des républiques que Jacques Chirac a envoyé son commis voyageur Dominique « Napoléon » Galouzeau de Villepin ameuter tous les copains, dictateurs africains, afin qu’ils votent « bien » à l’ONU où le courageux tribun de l’ « allié » français des USA a produit un si bel effet.
    Il s’agissait alors de sauver le gentil Saddam qui comptait de nombreux amis intéressés en Chiraquie, le pétrole honni à des fins étrangères étant du pain béni pour les profits nationaux et, surtout, individuels dans le chef des grands humanistes qui grouillent dans les couloirs parisiens du pouvoir. A cette occasion la France a donc trahi et menti sur sa motivation.
    Et aujourd’hui ? Eh bien, ce qui était à proscrire à Bagdad est acclamé à Bamako. Mais il ne viendrait à personne – hormis les méchantes langues de mon genre – l’idée que la France est là pour les intérêts d’Areva et pour détourner l’attention de ses problèmes intérieurs, de ses zones de non-droit où il y a des tas d’islamistes plus proches que ceux du Mali.
    Suis-je donc incapable de faire la distinction entre le camp du bien français, celui où les actions, comme celles menées au Mali, sont dictées uniquement par de nobles sentiments, et le camp du mal américain obéissant à de bas instincts comme celui de s’accaparer les richesses naturelles d’autrui ? Je crains que oui et j’en suis vraiment marri, mais excusable en partie.
    En effet, n’étant passé ni par l’Ecole Nationale des Autistes (ENA), ni par aucune autre officine socialiste spécialisée dans le formatage des esprits, je ne possède sûrement pas l’intelligence des élites autoproclamées, imbues de leur supériorité jusqu’à donner la nausée, et pas davantage la docilité de tous ceux dont le cerveau a été lavé de la maternelle à l’université.
    C’est la raison de laquelle, faute d’avoir été vacciné en ces hauts lieux de la République soviétique française, il me vient de mauvaises idées que j’ai honte à avouer, comme celle selon laquelle les pires ennemis de la France ne sont pas forcément les islamistes dont il faudra se débarrasser aussi, mais d’abord ses élus et ses différents gouvernements depuis plus de quarante ans.

    • Ce commentaire posté dans le bloc notes d’Ivan Rioufol m’a comblé. A croire que la lucidité et l’intelligence viennent avec l’expatriation.

  5. Vous allez voir que le Mali ça va être l’Afghanistan des français, a la seule différence qu’on doit en partir…..en mars dixit Fabius l’assassin, en a t’il précisé l’année ??

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